Raccourcir le congé matérnité - NON !

Actuellement, les femmes enceintes dans la fonction publique NE ont droit à 122 jours de congé maternité (4 mois). Ce dernier peut être raccourci jusqu'à 24 jours si les femmes sont arrêtées par leur médecin (avec un certificat médical) avant l'accouchement pour une raison en lien avec la grossesse. En règle générale, un certificat médical doit être considéré comme une absence maladie, or ce n'est pas le cas ici.




Le SSP a déposé une motion populaire pour demander un congé maternité non tronqué et la gauche a déposé un projet de loi pour demander que le congé maternité débute le jour de l'accouchement. Cela dans le but de supprimer une inégalité de traitement entre les femmes qui ont une grossesse "facile" et qui peuvent travailler jusqu'au bout et donc jouir d'un congé maternité entier et celles qui ont une grossesse plus compliquée et qui voient leur congé maternité tronqué.


En commission législative, l'ensemble des partis a reconnu cette inégalité de traitement entre les femmes. Mais le problème est que la droite en a profité pour déposer un amendement qui demande de diminuer la longueur du congé maternité (passage de 17,4 à 16 semaines). A l'heure où la tendance au niveau européen est plutôt d'augmenter le temps à disposition des mères, pères et parents auprès de leur bébé et alors que la Suisse est déjà très en retard en la matière, il s'agit clairement d'une régression sociale.


Par ailleurs, si l'Etat de Neuchâtel réduit le congé maternité de la fonction publique, cela s'appliquera aussi à une grande partie des collaboratrices des communes, à l'ensemble des enseignantes, aux membres du PATB de l'UniNE, à une partie de la fonction parapublique. De plus, lorsque l'Etat décide de faire des économies/coupes, cela inspire généralement d'autres institutions qui pourraient ensuite décider de faire la même chose. Cela pourrait donc avoir des conséquences sur certaines CCT notamment.


Il faut savoir que dans la fonction publique NE il y a en moyenne 56 femmes enceintes par année, dont seule une partie voit son congé maternité tronqué. Ainsi, même si 100% de ces femmes pouvaient jouir d'un congé maternité "plein" de 4 mois, cela ne coûterait pas grand-chose à l'Etat. La droite a donc une position dogmatique. Sa position est de dire que dans le privé les femmes ont moins de droits, donc il faut diminuer ceux de la fonction publique. De nombreuses entreprises privées octroient déjà largement plus que le minimum légal fédéral (14 semaines payées à 80%). Coop vient par ex. de passer à 18 semaines de congé maternité payé à 100%.


Pour répondre à la question, ce qui est choquant c'est de vouloir réduire un droit existant (principe des droits acquis), alors que la gauche voulait simplement supprimer une inégalité de traitement. En gros, on punit tout le monde pour permettre à une minorité d'avoir un congé maternité non tronqué.


Deux ans après la grève féministe de 2019, on ne peut pas laisser passer cette régression sociale qui pénalise une fois encore les femmes !


Le Grand Conseil se prononcera sur le projet de loi et sur la motion populaire les 25-26 janvier 2022.


Afin de tenter de contrer les velléités inacceptables de la droite de raccourcir le congé maternité de la fonction publique NE de 17,4 à 16 semaines, nous organisons mardi 7 décembre de 13h-13h10 à 13h30 dans la cour du Château une distribution de tracts aux député-e-s (session du budget). Merci à celles qui le peuvent de venir nous rejoindre !


Ensuite, le mardi 25 janvier dès 12h30 dans la cour du Château aura lieu une grande manifestation pour dire NON à ce projet inacceptable! Il sera important d'être nombreuses et nombreux! Des informations plus détaillées suivront.


Merci d'avance de votre soutien! 💜

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